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Les arguments à la loupe

5. Le réchauffement climatique n'est aucunement lié aux activités humaines et aux émissions de CO2, il est dû à une augmentation de l'activité du soleil.

Le soleil a bien évidemment une influence notable sur le climat de notre planète.

La première recherche de correspondance entre l’activité solaire et le climat date de plus de deux siècles, mais les premières corrélations significatives entre séries bien datées n’ont été publiées que beaucoup plus récemment avec des marqueurs comme les tâches solaires, les cosmonucléides Be10 & C14 et l’indice géomagnétique aa (mesure de la perturbation du champ magnétique terrestre par celui du soleil). Les échelles de temps vont des derniers millénaires jusqu’au dernier siècle pour lequel l’influence anthropique se mêle aux forçages naturels du Soleil et des volcans.

Une corrélation temporelle entre forçage et climat ne suffit évidemment pas pour prouver et comprendre un lien causal. Des recherches actives se poursuivent sur les mécanismes et les rétroactions climatiques associées. Depuis 30 ans, les mesures par les satellites montrent que l’éclairement solaire total fluctue de 0,1 % en phase avec le cycle de 11 ans, la composante U.V. variant dans de plus larges proportions. En plus de ces effets directs, une hypothèse ancienne a été relancée à la fin des années 90 en comparant la nébulosité et le flux de rayons cosmiques (une hypothèse qui reste encore controversée).

La modélisation numérique et l’étude statistique des séries temporelles montrent que le Soleil a eu une influence notable sur le climat pendant le dernier millénaire (Figure ci-dessus, AR4 IPCC GIEC 2007) jusqu’à la première moitié du 20e siècle, mais qu'ensuite, le réchauffement mondial observé est tel qu'il ne se corrèle plus avec le forçage solaire, qu'on en considère l’éclairement, les rayons cosmiques, les cosmonucléides ou l'activité géomagnétique (Figure ci-dessous, tirée de Bard & Delaygue 2008). Ceci signale l’influence probable d’autres sources, notamment celle des gaz à effet de serre.

S(t) : Irradiance solaire totale mesurée par satellite. Climax CRF : Cosmic ray flux mesuré au Climax dans le Colorado. aa Index : index géomagnétique par l'International Service of Geomagnetic Indices. Tglobe : anomalies des températures de surface globales.

Les publications de Vincent Courtillot :

Vincent Courtillot est l'auteur de plusieurs publications dans la revue Earth and Planetary Science Letters étalées sur 2005, 2007 et 2008. Il affirme notamment que le forçage solaire des températures (l'influence du soleil sur nos températures) est sans doute plus important que celui qui était introduit dans la plupart des modèles numériques existants, pour les périodes récentes.

Or, il a été démontré que les calculs supportant cette affirmation étaient le résultat de traitements statistiques lourdement erronés voire d'une utilisation de données météorologiques brutes, entachées d'erreurs grossières comme la non-prise en compte de changement de thermomètres ou d'emplacement de thermomètres.

Ainsi, comme le souligne Edouard Bard dans une communication, (écrite avec Bernard Legras, Pascal Yiou et Olivier Mestre (respectivement au LMD, au LSCE et à l'Ecole nationale de la météorologie) : «Les 'réponses' apportées par MM Le Mouël et Courtillot n'ont fait que confirmer les erreurs flagrantes constatées dans leurs articles, notamment dues à une mauvaise connaissance des bases de la mathématique statistique et de son application aux données climatiques. L'erreur la plus notable, que MM Le Mouël et Courtillot persistent à ne pas reconnaître dans leur commentaire, est qu'on ne peut appliquer à des séries de températures quotidiennes possédant une auto-corrélation des formules applicables aux séries de données non corrélées. Il en résulte une forte sous-estimation des intervalles de confiance et une surestimation de la signification statistique. Une fois corrigés de cet effet et de quelques autres distorsions notables, les résultats de MM Le Mouël et Courtillot rentrent dans la catégorie de ceux qui sont dus purement au hasard.»

De l'autre côté de l'Atlantique, on n'est pas plus tendre avec «l'excursion de monsieur Courtillot en climatologie», selon le mot de Gavin Schmidt, du Goddard Institute for Space Studies de la Nasa, titulaire du «Top 50 scientists» décerné en 2004, distinguant les «leaders scientifiques de l'année» aux Etats-Unis : «Ses deux articles sont nuls. Il y a vraiment trop d'erreurs,» lâche t-il d'emblée. Puis précise : «Monsieur Courtillot ne veut pas accepter que son idée initiale – déjà ancienne - est mauvaise. Alors, il donne l'impression d'avoir cherché les données qui pourraient sauver son idée. La démarche normale, en science, c'est de considérer l'ensemble des données, puis d'élaborer des hypothèses les expliquant au mieux. Pour le climat du 20ème siècle, ce travail débouche sur l'effet de serre additionnel dû à l'homme. Comme Courtillot a sa conclusion en tête avant d'analyser les données, il ne voit pas les erreurs qu'il fait. Dès qu'il trouve une courbe de température qui semble aller dans son sens, il la prend... sans vérifier ce qu'elle représente vraiment. C'est une petite pathologie de scientifique, pas très originale».

Sources :

- Edouard Bard (professeur au Collège de France où il détient la chaire
de l'évolution du climat et de l'environnement), Institut Pierre Simon
Laplace

- Edouard Bard, Earth and Planetary Science Letters (pdf)

- Sylvestre Huet, Libération (1, 2 et 3)

- Les dossiers de la recherche : Coups de soleil sur la planète (pdf)

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