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Les arguments à la loupe

6. Il n'y a pas de réchauffement climatique, d'ailleurs, l'antarctique se refroidit et gagne de la glace.

L'antarctique

L'Antarctique est le continent le plus méridional de la Terre. Situé autour du pôle Sud, il est entouré de l'océan Austral (ou océan Antarctique) et bordé par les mers de Ross et de Weddell. Avec une superficie de 14 millions de kilomètres carrés, l'Antarctique est plus petit que l'Asie, l'Afrique ou l'Amérique ; seules l'Europe et l'Océanie sont plus petites que lui.

Quelque 98 % de sa surface sont recouverts d'une couche de glace d'une épaisseur moyenne d'1,6 km. C'est pourquoi la morphologie du sous-sol antarctique reste encore peu connue, alors que petit à petit se dévoile la présence de lacs subglaciaires et de chaînes de montagnes subglaciaires comme celle de Gamburtsev.

En Antarctique, les mesures par satellites faites depuis 1979 ne montrent pas actuellement de diminution de surface, contrairement à la banquise Arctique. Cependant, on observe un certain nombre de phénomènes exceptionnels. Ainsi, 3 500 km2 de la banquise Larsen B, (l'équivalent en surface des deux tiers d'un département français), se sont fragmentés en mars 2002, les premières crevasses étant apparues en 1987. Cette banquise était considérée comme stable depuis 10 000 ans. Au mois d'avril 2009, la plaque Wilkins, dont la superficie était naguère de 16 000 km2 s'est également détachée.

L'Antarctique est la zone la plus froide de la Terre. On a longtemps cru qu'elle échappait au réchauffement ou au moins à la fonte des glaces. La météorologie et la climatologie y sont particulièrement complexes en raison de son immensité et de sa mauvaise accessibilité. Les stations météorologiques sont pour cette raison souvent proches de la côte et les satellites ne peuvent correctement mesurer la température au sol qu'en l'absence de nuage, puisque sous ces derniers, les températures sont parfois plus élevées.

Récemment, des icebergs géants se sont détachés : En 2002, le segment Larsen B de la barrière de Larsen dans la péninsule Antarctique se disloque. Entre le 28 février et le 8 mars 2008, environ 570 km2 de glace provenant de la barrière de glace de Wilkins située dans la partie sud-ouest de la péninsule se désintègre, mettant en danger les 15 000 km2 de glace restant. Ils sont alors retenus par une étendue de glace de seulement 6 km de large environ, avant de se désintégrer le 5 avril 2009. D'après la NASA, la fonte de la plus grande surface de glace de ces trente dernières années a eu lieu en 2005, quand une zone comparable en taille à la Californie a brièvement fondu puis gelé de nouveau ; c'est peut-être le résultat de l'augmentation de la température qui atteignit alors jusqu'à 5 °C.

Il est important de bien distinguer la glace située sur le continent Antarctique et la banquise située autour. On observe deux phénomènes différents. Les études sur la glace en Antarctique échouent souvent à bien différencier la glace de mer et la glace située sur la terre. Pour résumer les deux tendances :
- La quantité de glace située sur l'Antarctique diminue de plus en plus vite
- La banquise de l'Antarctique augmente malgré un réchauffement de l'océan Austral.

La quantité de glace sur l'Antarctique diminue de plus en plus vite

La mesure des variations de la masse de glace appelée inlandsis (calotte polaire située sur la terre ferme) a été un processus difficile, notamment à cause de l'épaisseur de la couche de glace et de sa complexité. Cependant, depuis 2002, les deux satellites GRACE (Gravity Recovery and Climate Experiment) ont été capable d'effectuer une étude complète de la calotte glaciaire.

Ces deux satellites mesurent les variations infimes du champ de gravité terrestre liées en partie aux variation de la masse terrestre. Ils ont été utilisés pour mesurer les variations de la masse de la glace. Des premières observations avaient trouvé que la perte de masse la plus importante se trouvait en Antarctique Ouest (Velicogna 2006). De 2002 à 2005, la partie Est de l'antarctique était en équilibre. En effet, la glace gagnée sur la partie centrale était équilibrée par les pertes sur les côtes. La figure 1 compare les variations du volume glaciaire dans la partie Ouest de l’Antarctique (ligne rouge) et dans sa partie Est (ligne verte).

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Fig. 1 Variation du volume glaciaire

En continuant d'étudier les nouvelles données des satellites Grace, les scientifiques ont obtenu une meilleure compréhension de la glace de l'Antarctique. La figure 2 montre les variations de la masse de la glace pour la période partant d'avril 2002 jusqu'en février 2009 (Velicogna 2009). La ligne bleue montre les valeurs mensuelles non corrigées. La ligne rouge correspond aux données dont les variabilités saisonnières ont été retirées. La ligne verte correspond à la tendance.


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Fig.2 Données récentes des variations de la masse de glace

Ainsi, avec des données basées sur des échelles de temps de plus en plus grandes, une tendance statistiquement significative émerge. La glace de l'Antarctique n'est pas seulement en train de fondre, il y a une accélération de la fonte de 14,5 Gigatonnes par an. Il s'avère aussi que, depuis 2006, la partie Est de l'Antarctique n'est plus en équilibre mais est en train de perdre de sa masse (Chen 2009). Ce résultat est surprenant, cette partie ayant toujours été considérée comme stable car il y fait très froid. Cela indique que les couches de glace sont plus dynamiques que les scientifiques ne l'imaginaient.

Cela est significatif car la partie orientale (Est) possède plus de glace que la partie occidentale (Ouest). Elle contient assez de glace pour élever le niveau général des océans de 50 à 60 mètres tandis que la partie occidentale pourrait contribuer à élever le niveau d'une hauteur de 6 ou 7 mètres. Les couches de glace jouent donc un rôle important dans la régulation du niveau de la mer. Cette fonte s'accélère de plus en plus vite (Rignot 2011).

La quantité de glace de l'océan Austral augmente

Depuis que des satellites ont effectué les premières mesures de la glace de l'océan Austral en 1979, il a été montré que celle-ci est en augmentation. Cette observation est souvent citée comme un argument contre le réchauffement climatique. Mais il est important de comprendre comment cette quantité de glace augmente.

Une première hypothèse consiste à interpréter cette augmentation par un refroidissement de la température autour de l'Antarctique. Hors, ce n'est pas le cas.

En fait, l'océan Austral se réchauffe plus vite que les autres océans. De 1955 à 1995, les océans se sont réchauffés de 0,1°C tous les dix ans. L'océan Austral s'est lui réchauffé de 0,17°C par décade. Il se réchauffe donc plus vite que la tendance globale.

Sea_ice

Fig.3 Températures de l'océan Austral

Mais alors si l'océan Austral se réchauffe, pourquoi la banquise augmente-t-elle? Plusieurs facteurs y contribuent :

- Le premier est le trou de la couche d'ozone au dessus du pôle sud, qui entraîne un refroidissement de la stratosphère (Gillet 2003). Ce phénomène renforce les vents cycloniques qui entourent le continent arctique (Thompson 2002). Le vent éloigne la glace de mer des côtes en créant des zones d'eau non gelée appelées polynyas. Plus de polynyas conduit à une augmentation de la production de la banquise (Turner 2009).

Polynyas_diagramme

- Une autre explication est un changement dans la circulation des océans. L'océan Austral est composé d'une couche d'eau froide proche de la surface et d'une couche plus chaude dessous. L'eau provenant de la couche plus chaude remonte à la surface, faisant fondre la glace de mer. Cependant, comme la température de l'air se réchauffe, la quantité de pluie et de chutes de neige augmente. Cela refroidit l'eau de surface et conduit à une couche de surface moins dense que la couche plus salée et plus chaude du dessous. Les couches deviennent plus stratifiées et se mélangent moins. Il y a finalement moins de chaleur transportée en surface et provenant des profondeurs. Cela réduit le dégel de la banquise (Zhang 2007).

En résumé, la banquise de l'océan Austral est un phénomène unique et complexe. Une interprétation simpliste qui consisterait à dire que la température autour de l'Antarctique se refroidit est fausse. Un réchauffement est observé mais ses conséquences sur certaines régions sont complexes et multiples.

Sources :

Skeptical Sciences

Wikipedia

Libération

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