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07/03/11 Réchauffement climatique : les questions qui fâchent.

PollutionLe réchauffement climatique, certains y croient tandis que d'autres parlent de manipulation, d'erreurs scientifiques ou bien nient la responsabilité de l'homme dans ce phénomène. Retrouvant toujours les mêmes arguments au fil de débats passionnés, j'ai décidé de creuser un peu plus pour me faire une opinion.

 

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Qu'est-ce que le réchauffement climatique ?

- Qu'est-ce que l'effet de serre ?

- Qui étudie le phénomène ?

- Comment varie naturellement le climat ?

- Preuves de l'émission d'un CO2 d'origine humaine.

Les arguments anti-réchauffement à la loupe

Les 7 premiers arguments les plus courants des sceptiques. A suivre...

Qu'est-ce que le réchauffement climatique?

Il s’agit d’un phénomène d’augmentation de la température moyenne de l'atmosphère et des océans, à l’échelle mondiale, observée par des scientifiques spécialistes du climat, depuis les dernières décennies.

La cause serait l’augmentation d’un phénomène naturel : l’effet de serre.

Qu'est-ce que l'effet de serre ?

Notre étoile, le soleil, nous envoie chaque jour une quantité considérable d'énergie sous forme de rayonnements (lumière, infrarouge, ultraviolet, ondes radio...).

Lorsque ce rayonnement atteint la Terre, une partie est réfléchie vers l'espace (environ 30%) et la plus grande partie est absorbée par notre planète sous forme de chaleur, puis réémis vers l'atmosphère, sous forme de rayonnement infrarouge.

Une partie du rayonnement infrarouge (la chaleur) ainsi émis par la terre vers l’atmosphère reste piégé par les gaz à effet de serre, augmentant ainsi la température de la basse atmosphère.  Sans ce phénomène, la température à la surface de la terre serait en moyenne de -18°C.

Les gaz à effet de serre, présents naturellement dans l’atmosphère sont : la vapeur d’eau (H2O), le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azone (N2O) ou encore l’Ozone (O3).

D’autres gaz à effet de serre d’origines industriels sont désormais aussi présents dans l’atmosphère. Il s’agit de gaz fluorés comme les chlorofluorocarbures (CFC).

Qui étudie le phénomène ?

Des milliers de chercheurs de tous pays et de disciplines scientifiques différentes publient chaque année les résultats de leurs travaux de recherche dans des journaux scientifiques à comité de lecture : océanographes, biogéochimistes, hydrologues, météologues, biologistes, glaciologues, astrophysiciens, aérologues, agronomes, géologistes, dendrochronologues...

Pour élaborer une synthèse de tous ces travaux, en 1988, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) ont crée le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) ou, en anglais, l’Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). Il s’agit d’un organe intergouvernemental ouvert à tous les pays membres de l’ONU et de l’OMM.

Sa mission est d’évaluer objectivement les informations scientifiques, techniques et socio-économique qui sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements des risques liés au changement climatique d’origine humaine, d’en cerner les conséquences et d’envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation ou d’atténuation.

Attention, le GIEC n’entreprend pas directement des travaux de recherche. Il évalue toutes les publications scientifiques et techniques dont la valeur est largement reconnue et élabore des rapports et documents techniques à intervalles réguliers.

Le cinquième rapport d’évaluation (AR5) paraitra en 2014,  tandis que les rapports précédents (2007, 2001, 1995, 1990) sont disponibles sur leur site internet.

Plus de 500 auteurs principaux et 2000 examinateurs spécialistes ont participé à la rédaction du quatrième rapport d’évaluation.

Comment varie naturellement le climat ?

Le climat a toujours varié au cours du temps par une combinaison de facteurs : changement de l'activité du soleil (tâches solaire), variation de l'inclinaison de la terre sur son orbite (obliquité), aplatissement de l'orbite terrestre, précession des équinoxes.

Ces diverses variations astronomiques sont la cause des cycles de glaciation des dernières centaines de milliers d'années.

D'autres paramètres peuvent modifier le climat :

- l'activité volcanique, en envoyant dans l'atmosphère du dioxyde de soufre (SO2 - rôle refroidissant) et du dioxyde de carbone (CO2 - gaz à effet de serre) ou encore en envoyant dans l'atmosphère des particules de poussières qui peuvent obscurcir la lumière du soleil.

- l'albedo, c'est à dire le pouvoir réfléchissant de la terre, augmente avec une étendue de glace sur terre ou la désertification et diminue avec l'apparition des forêts.

- l'apparition de la vie, dans le passé, a fait considérablement baissé la teneur en CO2 dans l'atmosphère en quelques centaines de millions d'année, ce qui a graduellement diminué l'effet de serre.

Preuve de l'émission d'un CO2 d'origine humaine :

- Les mesures de CO2 à partir de 1957 :

Depuis 1957, des mesures systématiques de la quantité de CO2 dans l'atmosphère ont pris place en divers endroits du globe, le premier d'entre eux étant à Manau Loa, sur l'ile d'Hawaï.

Pour ne pas être perturbé par une grosse source d'émission de CO2 telle qu'une ville ou une région fortement industrialisée, les observatoires sont situés sur des iles perdues au milieu de l'océan (la France possède ainsi une station de mesure sur l'Ile d'Amsterdam) ou sur des bateaux.

Depuis le début de ces mesures, les relevés ont montré que la concentration en gaz carbonique dans l'air augmentait un peu chaque année, et récemment d'autres mesures ont permis de voir que la quantité d'oxygène présente dans l'air diminuait de manière remarquablement symétrique. Pour une molécule de CO2 apparaissant dans l'atmopshère, il disparait une molécule d'O2, ce qui accrédite très fortement l'idée que le CO2 injecté provient d'une combustion.

Aussi, les mesures indiquent que le CO2 augmente chaque année un peu plus, exactement comme la combustion des hydrocarbures. Il y a donc une "accélération" de l'augmentation très perceptible sur une échelle de temps - quelques dizaines d'années - qui est ridiculement courte à l'échelle des cycles naturels.

- Analyse de la calotte glaciaire en Antartique :

La neige qui tombe en Antartique s'acumule au fil des années sans jamais fondre. Elle finit par se transformer en galce en emprisonnant des bulles d'air. Ces bulles dates de l'époque où la neige est tombée (à quelques siècles près).

En creusant profondément dans la glace et en analysant ces bulles, les scientifiques sont capables d'analyser des carottes et de déterminer la date de la glace tout au long de la carotte et de connaître les concentrations des principaux gaz à effet de serre. Ces mesures permettent de remonter jusqu'aux couches les plus profondes de la glace, soit environ 800 000 ans.

Les résultats montrent que le taux de CO2 dans l'atmosphère a toujours naturellement varié, sur des échelles de temps d'au moins un millier d'années. Sur les 400 000 dernières années, il y aurait eu 4 cycles, d'un peu plus de 100 000 ans chacun.

Cependant, ces études ajoutent que depuis 1750 (début industrialisation, donc depuis une échelle de temps très courte), les concentrations de CO2, de méthane (CH4) et d'oxyde nitreux (N2O) augmentent exponentiellement. La concentration actuelle de CO2 dépasse de loin les taux des 650 000 dernières années, ainsi que celle de Méthane et d'oxyde nitreux.

- Analyse des isotopes du carbone :

Les combustibles fossiles ont été formés il y a des millions d'années. Ils ne contiennent pratiquement plus de carbone-14, parce que cet isotope de carbone instable, formé lorsque les rayons cosmiques frappent l'atmosphère, a une demi-vie d'environ 5500 ans.

Des études sur les cernes des arbres (dendrochronologie) ont montré que la proportion de carbone 14 dans l'atmosphère à diminué d'environ 2% entre 1850 et 1954 (à cause de l'augmentation de l'émission de CO2 sans ce C14). Depuis 1954 les essais nucléaires atmosphériques ont libérés de grandes quantités de carbone-14 et faussés cette méthode.

- Les modèles climatiques :

Les scientifiques ont réalisé des modèles numériques intégrant un maximum de mécanismes parmi la circulation de l'atmosphère, des phénomènes de forçage radiatif, de l'hydrodynamique de la circulation océanique ou encore (de manière empirique) les nuages ou l'albedo de la végétation.

A l'aide de supercalculateurs, des simulations ont été menées pour tester plusieurs hypothèses, incluant les activités humaines ou non. Seules les hypothèses incluant les émissions anthropiques de gaz à effet de serre permettent de correspondre aux observations, donc à la réalité.

- Le cas des volcans :

Les mesures des niveaux de CO2 au cours des 50 dernières années ne montrent aucune augmentation significative après éruptions. Les émissions totales provenant des volcans sur terre sont estimées en moyenne à seulement 0,3 Giga tonnes (milliards de tonnes) de CO2 chaque année - soit environ 1/100ème des émissions humaines. Alors que les émissions volcaniques sont négligeables à court terme, elles sont significatives en relâchant des quantités massives sur des dizaines de millions d'années. Mais, sur cette échelle de temps, elles sont compensées par la perte de carbone dans les sédiments océaniques enfoui sous les continents par les mouvements des plaques tectoniques. Finalement, ce carbone retournera à l'atmosphère par les volcans.

Les arguments à la loupe

1. Le CO2 est présent à l'état de traces dans l'atmosphère. Une légère augmentation de sa concentration causée par les émissions humaines est à relativiser car elle est facilement assimilable par les systèmes naturels et/ou sans conséquence.

2. Il y a toujours eu des variations climatiques. Pour preuve, le Groënland vient de "Greenland" (pays vert), lorsque les vikings y vivaient et que ce continent était couvert de vertes prairies.

3. Il y a toujours eu des variations climatiques. Pour preuve, l'optimum climatique médiéval, décrit par les scientifiques correspond à une période relativement récente où les températures étaient plus chaudes.

4. Il y a toujours eu des variations climatiques. Pour preuve, le petit âge glaciaire, dont nous sommes à peine sorti, correspond à une période durant laquelle la Tamise ou la Seine gelaient chaque hiver et les hivers très froids engendraient de nombreuses famines.

5. Le réchauffement climatique n'est aucunement lié aux activités humaines et aux émissions de CO2, il est dû à une augmentation de l'activité du soleil.

6. Il n'y a pas de réchauffement climatique, d'ailleurs, l'Antarctique se refroidit et gagne de la glace.

7. Il n'y a pas de consensus scientifique. D'ailleurs, le Petition Project a recueilli plus de 31 000 signatures de scientifiques sur une pétition proclamant "qu'il n'y a pas de preuve scientifique convaincante prouvant que les émissions de dioxyde de carbone par les humains vont, dans un futur proche, causer un réchauffement catastrophique de l'amosphère terrestre".

 

 

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