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Les livres écolos :

· Nicolas Hulot Le syndrome du Titanic

· Hubert Reeves Mal de terre

· Claude Allègre Le défi du monde

· Hervé Kempf Comment les riches détruisent la planète

· Michel Desmurget TV Lobotomie, la vérité scientifique sur les effets de la télévision

Nicolas Hulot : Le syndrome du Titanic (paru en 2004 chez Calmann-lévy) :

Quatrième de couverture : "Les jours du monde tel que nous le connaissons sont comptés. Comme les passagers du Titanic, nous fonçons dans la nuit noire en dansant et en riant, avec l'égoïsme et l'arrogance d'êtres supérieur convaincus d'être "maîtres d'eux-mêmes comme de l'univers".

Et pourtant, les signes annonciateurs du naufrage s'accumulent : dérèglement climatiques en série, pollution omniprésente, extinction exponentielle d'espèces animales et végétales, pillage anarchique des ressources, multiplication des crises sanitaires. Nous nous comportons comme si nous étions seuls au monde et la dernière génération d'hommes à occuper cette Terre : après nous, le déluge...

Nicolas Hulot a parcouru notre planète sous toutes les altitudes. Nul ne le sait mieux que lui : c'est un espace exigu, aux équilibres précaires. Ce livre est un ultime cri d'alerte avant de céder au désespoir : si nous tous, riches comme pauvres, ne modifions pas notre comportament pour faire "mieux avec moins" et mettre l'écologie au centre de nos décisions individuelles et collectives, nous sombrerons ensemble.

Nos devons être solidaires du vivant comme du futur : cet avertissement, Nicolas Hulot s'en est fait le messager passionné et infatigable, du sommet de Johannesburg à l'école de son village, des lambris dorés de l'Elysée aux exploitations agricoles de Bretagne et de Lorraine. "Je ne suis pas né écologiste, nous dit-il, je le suis devenu." Et nous aussi nous pouvons, nous devons, le devenir."

Mon avis :

A la fois critiqué par une partie de la population saturée de messages écologiques plus ou moins opportunistes et culpabilisant et soutenu par des écologistes convaincus, Nicolas Hulot nous livre ici son ressenti sur la situation actuelle. Reconnaissant ses abus de jeunesse, lorsque son émission était plus tournée sur ses exploits personnels d'aventurier, il nous raconte son parcours en tant que conseiller de Jacques Chirac, lui inspirant une partie de son discours à Johanesbourg. Il nous raconte aussi ses expériences marquantes avec des politiques ou des étudiants et son opinion sur les excès de notre société. Refusant plusieurs propositions pour entrer dans le monde sauvage de la politique, il choisit de rester sous la bannière de sa Fondation pour rencontrer librement tous types d'interlocuteurs et pour tenter de les convaincre sur la nécessité d'un changement rapide.

Mais cette vision des choses n'est-elle pas trop naïve? Comment notre modèle économique, basé sur des valeurs de profits et d'accumulation de richesse pourrait être changé spontanément par ceux qui en profitent? Le vrai pouvoir de changer rapidement la situation ne se situerait pas seulement dans les mains des hommes et femmes politiques? L'opinion est-elle prête à accepter un changement dans sa façon de consommer? Je le pense.

Las des critiques de ceux qui l'accuse de vouloir retourner à l'âge de pierre, Nicolas Hulot le répète : il est pour une décroissance sélective. Il s'agit simplement de choisir ce qui est bon pour notre avenir et d'éviter le gâchis de nos ressources.

Au passage, un autre petit point sur lequel je suis en désaccord est sa vision apocalyptique du futur liée au réchauffement climatique. Je ne suis évidemment pas un expert (donc je me trompe certainement) et je ne prétend pas que le futur sera glorieux mais je pense que l'homme et beaucoup d'espèces sauront s'adapter aux changements. Le monde sera différent, comme il a pu l'être dans le passé. Cela dit, je ne nie pas qu'il est important d'agir aujourd'hui. L'extinction d'une espèce est un drame absolu et une honte pour l'histoire de l'humanité, en plus d'être un appauvrissement du monde vivant qu'il faut absolument éviter.

Pour conclure, je dirai que j'adhère totalement à sa vision des choses et que sa lecture fut pour moi un plaisir tant cela fait du bien de voir un peu de bon sens parmi ce monde.

Hubert Reeves : Mal de terre (paru en 2003 aux éditions du Seuil, avec Frédéric Lenoir)

Quatrième de couverture : "Hubert Reeves, l'homme des émerveillements cosmiques, avait intitulé son premier ouvrage Patience dans l'azur. C'est d'impatience quant à l'état de la planète dont il fait part dans ce nouveau livre, et d'un azur bien menacé par les effets nocifs de l'activité humaine. Au fil d'un dialogue serré et très documenté, il détaille les maux dont souffre notre précieuse planète et les remèdes qui pourraient sauver la plus vulnérable de ses composantes : les êtres humains qui l'habitent.

Vulnérables, et responsables des désordres qui menacent leur propre survie. Du réchauffement climatique à l'extinction accélérée des espèces, du gaspillage énergétique des uns à la malnutrition des autres, le diagnostic est sombre. Les raisons d'espérer existent cependant ; au-delà des égoïsmes individuels et des égarements politiques, Hubert Reeves évoque quelques solutions pour sortir d'une crise planétaire sans précédent."

Mon avis :

Un très bon livre, documenté, dont l'argumentation est basée sur des faits scientifiques objectifs. Hubert Reeves analyse prudemment et posément toutes les menaces qui pèsent sur notre planète (effet de serre, énergie, alimentation, biodiversité, misère). Il expose les différents scénarios, du moins pessimiste au plus catastrophiste et quelles que soient les hypothèses, un seul constat : il faut agir et vite. Comme toujours, même si un ou deux points peuvent éventuellement être discutés, comment ne pas être convaincu par ces propos? Alors pourquoi attendre tant avant d'agir?

Claude Allègre : Le défi du monde (paru en 2006 aux éditions fayard, avec Denis Jeambar)

Quatrième de couverture : "À rebours du travail des apaiseurs d’âmes et des urgentistes de la souffrance individuelle, Claude Allègre et Denis Jeambar nous invitent à reprendre l’initiative, à nous projeter dans l’avenir à partir de l’état réel de la planète en interrogeant les entrailles des systèmes qui la composent. Autrement dit, à considérer la France vue du monde et non l’inverse.

Réfléchir à rebours de ses habitudes a décidément du bon : en témoignent cette cartographie inédite des problèmes et des menaces qui agitent la planète, cette évaluation stimulante de nos atouts dans le contexte d’une mondialisation désormais irréversible, ces propositions, nombreuses et riches, que le lecteur glanera au long d’un échange ouvert et libre, nourri de l’esprit d’aventure sans lequel il n’est plus de grande nation."

Mon avis : Un autre son de cloche qui aime attirer l'attention sur sa personne avec ses petites phrases à polémique. Esprit contradictoire assimilé à un anti-écologiste, remettant en question les conséquences du réchauffement climatique (sans effet sous nos latitudes), Allègre est pourtant conscient des menaces qui pèsent sur le monde (gestion de l'eau douce, de la nourriture, des pollutions, accélération de la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes...). Mais il prône l'optimisme et mise sur l'avenir : le dépassement des problèmes par le progrès. Il est littérallement contre les attitudes de type Kyoto, fondées sur l'idée d'interdiction et de punition. Là où je rejoins Allègre, c'est sur le fait qu'il ne faut pas se focaliser uniquement sur le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre mais que d'autres menaces pèsent sur notre planête. Pour ce géochimiste, les solutions existent : les OGMs, la voiture électrique... et l'écologie doit être un moteur de la croissance. J'avoue que je n'adhère pas. Je crois aux excès de nos sociétés et je ne vois pas pourquoi nous ne devrions pas essayer de corriger nos problèmes (quitte à le prendre comme une punition si Allègre le voit en tant que tel) plutôt que de s'en remettre à un éventuel futur qui saura réparer nos travers. Bon point, le livre est assez documenté.

Hervé Kempf : Comment les riches détruisent la planète (paru en 2007 aux éditions du seuil)

Hervé KempfQuatrième de couverture : "Nous sommes à un moment de l'histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l'espèce humaine : pour la première fois, son prodigieux dynamisme se heurte aux limites de la biosphère. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver les moyens d'orienter différemment l'énergie humaine. C'est un défi magnifique, mais redoutable. Or une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s'impose.
Elle ne porte aucun projet, n'est animée d'aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Elle prétend que toute alternative est impossible. Cette représentation du monde méconnaît la puissance explosive de l'injustice, sous-estime la gravité de l'empoisonnement de la biosphère, promeut l'abaissement des libertés publiques. Pour l'auteur de ces pages incisives et bien informées, on ne résoudra pas la crise écologique sans s'attaquer à la crise sociale concomitante.
Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd'hui les riches qui menacent la planète."

Mon avis :

C'est en regardant le film de Nicolas Hulot (Le syndrome du Titanic) que je me suis dit que finalement, ce n'était pas aux plus pauvres de commençer à vivre de façon plus raisonnable, mais bien les plus aisés. Et sur quel livre suis-je tombé en farfouillant à la FNAC ? Comment les riches détruisent la planète ! Et là, révélation : l'auteur, un journaliste scientifique, va beaucoup plus loin que mon idée un peu basique. Ce sont les riches qui bloquent le changement. Les "riches", regroupés dans cette oligarchie (gouvernement par une classe dominante peu nombreuse et mal définie) au pouvoir de nos pays. Ceux-là même, qui, ne souffrant pas du tout de ce système économique, en tirent tous les bénéfices et s'enrichissent de plus en plus sans se soucier du reste. Et le reste, c'est nous, c'est le chômage, c'est l'appauvrissement de nos ressources et la nature qui trinque. Toutes ces "élites" qui vivent dans des villes loin de la misère et des problèmes environnementaux (même si cela peut paraître caricatural, c'est ainsi) et qui ne se sentent évidemment pas concernés par ces problèmes. Leur objectif : la croissance matérielle, pour faire accepter aux classes sociales inférieures les inégalités.

Le livre est un point de vue référencé très intéressant mêlant l'écologie, le vrai social (pas l'assistanat) et la lutte des classes. Un peu de recul sur notre société de fait jamais de mal.

Michel Desmurget : TV Lobotomie La vérité scientifique sur les effets de la télévision (paru en 2011 aux éditions Max Milo)

Desmurget

Quatrième de couverture : "Sophie, 2 ans, regarde la télé 1 heure par jour. Cela double ses chances de présenter des troubles attentionnels en grandissant. Lubin, 3 ans, regarde la télé 2 heures par jour. Cela triple ses chances d’être en surpoids. Kevin, 4 ans, regarde des programmes jeunesse violents comme DragonBall Z. Cela quadruple ses chances de présenter des troubles du comportement quand il sera à l'école primaire. Silvia, 7 ans, regarde la télé 1 heure par jour. Cela augmente de plus d'un tiers ses chances de devenir une adulte sans diplôme. Lina, 15 ans, regarde des séries comme Desperate Housewives. Cela triple ses chances de connaître une grossesse précoce non désirée. Entre 40 et 60 ans, Yves a regardé la télé 1 heure par jour. Cela augmente d'un tiers ses chances de développer la maladie d'Alzheimer. Henri, 60 ans, regarde la télé 4 heures par jour. René, son jumeau, se contente de la moitié. Henri a 2 fois plus de chances de mourir d'un infarctus que René.

Chaque mois, les revues scientifiques internationales publient des dizaines de résultats de ce genre. Pour les spécialistes, dont fait partie l’auteur, il n’y a plus de doute : la télévision est un fléau. Elle exerce une influence profondément négative sur le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l’attention, l’imagination, la créativité, la violence, le sommeil, le tabagisme, l’alcoolisme, la sexualité, l’image du corps, le comportement alimentaire, l’obésité et l’espérance de vie. Ces faits sont niés avec un aplomb fascinant par l’industrie audiovisuelle et son armée d’experts complaisants. La stratégie n’est pas nouvelle : les cigarettiers l’avaient utilisée, en leur temps, pour contester le caractère cancérigène du tabac... "

Michel Desmurget est docteur en neurosciences. Après avoir fréquenté plusieurs grandes universités américaines (MIT, Emory, UCSF), il est aujourd’hui directeur de recherche à l’INSERM. Il est l’auteur de Mad in USA (Max Milo, 2008).

Mon avis : C’est en tombant par hasard sur l’émission « Café Picouli » que j’ai pu regarder un débat entre Michel Desmurget, neurophysiologiste à l’INSERM et Patrice Huerre, pédopsychiatre. La discussion portait sur les effets de la télévision sur les plus jeunes. Intéressé par ce sujet (voir mon point de vue), j’ai donc acheté le livre de Michel Desmurget, sorti en février 2011.

Pour ce livre, l’auteur a réalisé une synthèse de nombreuses études parues dans des journaux scientifiques internationaux, dont la réputation n’est plus à prouver (Science,  New England Journal of Medecine, Lancet). Il explique ainsi, sur une base scientifique, en quoi la télévision engendre des effets néfastes sur les enfants.

Très simplement, il y décrit comment des chercheurs ont pu étudier les effets de cet écran sur les touts petits, avant et après son introduction dans un foyer, ou en comparant des villes couvertes ou non par la télévision (en tenant bien évidemment compte de paramètres tels que le niveau social ou le niveau d'éducation…). Les résultats sont édifiants : la télé possède une influence considérable sur le développement des enfants. Malheureusement et sans réelle surprise, cette influence est négative.

Attention, Michel Desmurget ne prétend pas que la télé engendre des débiles. Par contre, regardée avec excès, elle limite le développement de l’enfant et donc ses futures chances pour sa vie d’adulte. Et un enfant parvient très vite à consommer beaucoup trop de télévision.

Il faut bien garder en tête que ce sont des études statistiques. Vous pourrez toujours connaître une personne ayant beaucoup regardé la télévision et ayant réussi son parcours professionnel. Mais combien ont sacrifié trop de leur temps devant la télévision et ont ainsi réduit leur chance de réussite professionnelle ou de développement personnel ?

Contrairement à ce qui est dit, la télé ne stimule pas les enfants.  Aucun n’apprendra à parler, chanter, dessiner,  en regardant une émission, aussi prétenduement éducative soit-elle.  Ce temps là est irrémédiablement perdu, entrainant un manque de connexions cérébrales au cours de son développement. Pour apprendre, il faut interagir avec son environnement.

Si l’on cumule le temps passé devant la télévision dans une journée,  on arrive rapidement à perdre un pourcentage relativement élevé du précieux temps d’apprentissage ou de développement (jeux,  interactions, communication).

Ce temps est aussi pris sur les devoirs d’école et le sommeil : les résultats scolaires s’en font ressentir, compromettant ainsi son avenir.

En dehors des effets sur le développement de l’enfant, l’auteur démontre que la télévision possède aussi une influence suffisamment significative pour inciter :

-       à de mauvaises habitudes alimentaires, donc du surpoids,

-       à fumer

-       à boire de l’alcool

-       à une sexualité précoce  

 Donc la télé pèse sur la santé des futurs adultes.

 Les parents ont une grande responsabilité. Certes, la télévision permet de canaliser les enfants et de les occuper en toute tranquillité. Mais cela se fait au détriment de leur développement, de leurs résultats scolaires et de leur santé à un tel point que l’on pourrait considérer cette influence comme un problème de santé publique.

 Si vous voulez approfondir le sujet, n’hésitez donc pas à vous procurer ce livre très intéressant où tout est largement détaillé, d’une façon claire et agréable bien que parfois redondante.