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Mes Réactions :Choisir la qualité ou la quantité ?

JambonUn autre point que je souhaiterais aborder concerne nos habitudes de consommation alimentaire. En effet, même si l'alimentation représente jusqu'à 21% des dépenses des ménages les plus modestes (14% pour les plus aisés - source INSEE) je trouve regrettable que nous cherchions à rogner sur cette partie de notre consommation.

En prenant un peu de recul, j'ai l'impression que nous sommes plus prêt à dépenser nos deniers dans notre forfait téléphonique, le portable dernier cri, des vêtements de marque, la télé écran plat, le dernier 4x4, des DVDs, des aliments non primaires (boissons gazeuses, plats cuisinés...) mais de ne pas considérer la nourriture que nous consommons avec l'importance qu'elle mérite. Pour être précis, mon point de vue est celui de quelqu'un de la classe moyenne avec un salaire 100 euros au dessus le salaire médian.

Alors certes, nous faisons des économies sur la nourriture, mais à quel prix pour notre santé, notre société et la planète ? Ces aliments que nous mangeons, c'est ce qui nous construit. Manger trop gras, trop sucré, trop salé (problèmes souvent rencontrés dans les produits de mauvaise qualité, vendus moins cher) c'est se bâtir avec de mauvais matériaux. A la longue, ce sont des ennuis de santé.

De plus, avons nous conscience que de choisir les produits les plus industriels, en évitant le bio ou les labels rouge, plus onéreux (il y a qu'à voir les différences de prix entre des filets de poulet normaux et des filets bio), c'est encourager un système qui entasse les animaux dans des conditions de vie proprement scandaleuse ? Les vidéos filmées dans les élevages de poulets, de porcs, de vaches, dans les abattoirs (Charal) devraient être diffusées plus souvent, pour que nous ayons conscience d'où provient ce que nous mangeons.

Les gens sont de plus en plus en surpoids, comment interprêter cela? Trop de nourriture de mauvaise qualité et trop de nourriture de consommée. Il est vrai que nous nous habituons à ces produits de mauvaise qualité. L’enfant ne préfèrera-t-il pas des nuggets de poulet industriel à un vrai poulet ? Ou des adolescents un cheeseburger-frite plutôt qu’un steak avec des légumes ?

POur en rajouter une couche, une étude parue dans un journal scientifique (Plos One l'étude en .pdf) démontre que 40% de l'alimentation disponible aux Etats-Unis est gâchée. Je n'aborde même pas le sujet des pays souffrant de malnutrition.

Donc nous devrions réduire notre consommation, ce qui nous économiserait d'ailleurs l'abonnement à la salle de sport pour perdre nos kilos superflus. Je vais poursuivre en parlant de trois produits de consommation : le jambon, la viande et les produits de luxe tels que le saumon.

Tout est bon dans le cochon ?

Jambon_cuitUn exemple de produit indutriel très consommé, le jambon. Le cochon (ou porc) industriel n'est hélas pas bien loti dans des bâtiments souvent sans lumière naturelle, sans air frais et sans paille. Il fournit l'essentiel des jambons cuits de la grande distribution, classés en trois catégories : supérieure, choix et standard.

Dans la première catégorie, la qualité "supérieure", le jambon ne doit contenir ni gélifiant ni polyphosphates, et pas plus de 1 % de sucre.

La seconde catégorie est appelée aussi jambon cuit de "choix" : pas de gélifiants, mais plusieurs additifs autorisés. C'est dans cette catégorie que l'on trouve le jambon de Paris.

Dans la troisième, le jambon qualité "standard", tout est permis : agents conservateurs, colorants, dextrose, exhausteurs de goût (glutamate), antioxydants et stabilisateurs. Le sucre peut atteindre 3% du jambon. On trouve aussi les polyphosphates (E 544) qui ont la propriété d'augmenter la rétention d'eau du produit (on nous vend une partie d'eau). Cette viande possède souvent un rapport collagène/protéine supérieur aux autres qualités, ce qui signifie qu'elle contient plus de nerfs et de matière grasses.

Evidemment, le prix au kilo varie du simple au double, de 32 euros à 17 euros, selon la catégorie.

Un label rouge sur l'emballage, toutefois, est un signe de qualité et est synonyme d'une meilleure qualité de vie pour l'animal.

Un bon jambon se reconnaît si les fibres vont dans le même sens et lorsque les parties sont discernables. Il est alors issu de la cuisse arrière du porc. Lorsqu'il est sans interstice, sans tendon ni nerf, et rempli d'une masse gélatineuse, le jambon provient de n'importe quelle partie du porc, hachée, malaxée, reconstituée et cuite. Une couenne symétrique, ajoutée après le malaxage, est signe d'un produit douteux. Un rose intense révèle un excès d'antioxydants.

Comme d'habitude, quitte à ne pas acheter sa bouteille de coca ou d'éviter les plats cuisinés pour réduire son budget course, je pense qu'il est mieux d'acheter du jambon de meilleur qualité pour manger une viande plus saine voir label rouge si l'on se soucie du bien-être animal (pour cela, il faut bien avoir conscience des conditions de vie indignes et pitoyables des animaux d'élevages intensifs).

Nous consommons trop de viandes

Barquettes_viandeLe processus industriel de "fabrication" de la viande, de l'animal jusqu'à nos étals est un processus très polluant. Sans m'étaler dessus, les pollutions sont nombreuses : pour nourrir les bêtes tout d'abord. La quantité de céréale utilisée est phénoménale, sachant qu'il faut 18 Kg de protéines végétales sont nécessaires pour fabriquer 1 Kg de viande de bœuf. Ces céréales (soja, maïs) sont produites de manière intensive, avec tous les pesticides et engrais que l'on connaît. Il faut savoir aussi que les forêts primaires disparaissent brûlées (dégagement CO2 et réduction des habitats naturels des espèces) pour augmenter les surfaces de culture. Les quantités d'eau douce utilisée pour irriguer les champs sont aussi à prendre en compte.

Ces animaux sont gavés d'antibiotiques, qui se retrouvent donc dans notre alimentation. Leurs déjections posent problème : en Bretagne par exemple, où les nappes phréatiques sont polluées à cause des nitrates.

Encore une fois, les conditions de vie des animaux sont indignes! Résumés à des machines à produire de la viande ou du lait (et je l'ai constaté au salon de l'agriculture : les bêtes sont des usines à viande!).

Pensons aussi au transport des animaux, à leur abattage dans des conditions limites voir inacceptables pour la viande hallal et cacher. Puis à l'énergie utilisée pour le transport de la viande, qui peut traverser la planète dans des frigos (moutons de nouvelle Zélande et d'Australie) pour être vendue chez nous. Et toutes les barquettes plastifiées en polystyrène nécessitent aussi une grosse dépense énergétique pour conditionner la viande.

Bref, il ne reste à rien de consommer de la viande à chaque repas. De plus, l'excès de protéines, excès de lipides et particulièrement d’acides gras saturés contribue aux risques de problèmes cardio-vasculaires, d’obésité, de rhumatismes...

Réduisons notre consommation de viande et de poisson!


Le cas des produits de luxes.

SaumonTraditionnellement, les fêtes de fin d'année riment avec des produits de luxe dont nos papilles et nos estomacs raffollent : foie gras, saumon fumé voir caviar pour les plus fortunés.

Mais aujourd'hui, par le biais de l'industrialisation, certains de ces produits sont de plus en plus disponibles à coûts réduits, devenant accessibles pour la consommation courante.

Même si cela pourrait sembler être une bonne nouvelle, il convient de prendre conscience de ce que représente réellement cette industrialisation. La comparaison avec des produits manufacturés en Chine et vendus en France à des tarifs imbattables mais avec une durée de vie très réduite me paraît largement valide. 

Ne soyons pas dupe, l’industrialisation, si elle fait baisser les prix, apporte aussi son lot de problèmes : surexploitation des ressources, produits de moins bonne qualité pour notre santé (plus gras, nourris aux antibiotiques, gavés de farines de poissons sauvages, concentrés dans des zones où les parasites pullulent ), animaux maltraités (gavage industriel des canards et conditions de vie véritablement scandaleuses et non naturelles : entassés dans des cages sous lumière artificielle, sans possibilité d'accéder à l'extérieur).

Faites l’expérience en toute bonne foi : la comparaison du saumon d’élevage à bas coût avec du saumon sauvage.

Eduquer son goût

Pour moi, il faut redonner la place à la nourriture qu'elle mérite : une place de bon goût. Réduisons la quantité et privilégions la qualité. Donc mangeons moins (surtout si notre budget est très limité pour acheter des produits bio) mais mangeons mieux.

Vos réactions :

Defraigne, le 04/11/2013

Entièrement d'accord avec tout cela,

je le pense depuis bien longtemps et ça me révolte totalement.
Je ne mange de la viande qu'une fois par semaine et pas n'importe laquelle.
Il y a des protéines dans bien d'autres choses, comme les légumineuses et les graines.

Les magasins vont-ils encore longtemps décheter autant de produits dont la viande?
ça me rend dingue!

 

Le contre, le 18/01/2014

Faux, faux faux faux !
Tout est mélangé.
La comparaison entre un four et un humain aura autant de sens que cette article !

 

Deprost, le 21/08/2014

Bonjour,

Je viens de lire ton article, car je cherché des précisions sur le jambon label rouge.
En le regardant j'ai l'impression d'avoir un jambon reconstitué. Et je pense toujours que c'est le cas.
Pour moi Label rouge devient peu à peu une machine a fric.
Tout ça pour dire, il est domage que l'on ne puisse pas partager tes articles sur les réseaux sociaux.
A bientôt

Gaëtan, le 02/11/2014

J'encourage l'article pour son engagement sur certaines habitudes alimentaires mais j'adhère moins sur quelques points. Il ne s'agit pas de choisir entre la qualité et la quantité, la problématique est de savoir si le consommateur est prêt, ou est disposé, à mettre le prix pour une meilleure qualité du produit ou bien pour le respect des animaux.

Pour la citation "mangeons moins, mangeons mieux", les interprétations sont multiples et je dirais même que c'est très réducteur. Pour la santé du consommateur, il n'est pas forcément question de réduire la quantité de nourriture pour se limiter à des produits de meilleure qualité. Pour reprendre l'exemple, si un consommateur a des moyens limités, il doit, avant toute chose, penser à se nourrir suffisamment avant de penser à choisir la meilleure qualité (qui est, de mon point de vue, un critère à relativiser dans notre pays où les normes alimentaires sont strictes : un produit industriel est déjà d'une qualité acceptable si le consommateur en fait bon usage). De la même manière, une personne qui mange des produits de la meilleure qualité mais de manière excessive n'est pas bon pour sa santé. Ce que je veux dire, c'est que la quantité et que la qualité sont deux deux critères à prendre en compte indépendamment.

Je tiens à mettre en garde à ne pas confondre un bon produit et une bonne alimentation. Une bonne alimentation se juge dans sa globalité. Ce n'est pas parce qu'on a que des produits d'une très bonne qualité que l'alimentation l'est aussi. Alors manger mieux : c'est adopter une alimentation saine et équilibré.