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Mes Réactions : Une carence en courage chez nos responsables

Sarkozy"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités" (grand père de spiderman). Nos hommes politiques l'ont, le grand pouvoir. Ce sont nos élites, eux qui décident pour le bien de la France, du monde. Leurs décisions, souvent impopulaires sont pourtant guidées pour le bien de l'intérêt général. Les plus grands marqueront l'Histoire. Cas pratique : comment les "grands" prennent leur décision?

Voici le cas du thon rouge de l'Atlantique, en voie de disparition.

Le mal qui ronge la politique.

Soyons cash. De mon point de vue, l’un des problèmes de notre société, c’est le manque de courage de nos hommes politique. Pourtant, j’avoue qu’en 2007,  Sarko, j’y ai cru. Aujourd’hui, en le jugeant sur pièce, je m’aperçois que finalement, nos hommes politiques ont élevé leur niveau en communication mais que pour le reste, les actions sont trop souvent des demi-mesures, peu efficaces. Au fond, on essaye d’éteindre des incendies avec des verres d’eau à moitié vides pour ne pas fâcher les propriétaires de l’eau. Et tout s’embrase.

Je ne vais prendre qu’un seul exemple, sur un dossier que j’essaye de suivre pour ce site : le cas du thon rouge.

Pour résumer, nous avons deux camps : les pêcheurs avec  leurs senneurs (bateaux à long filet de plusieurs centaines de mètres, sur une hauteur de 100 à 200 m) pêchant sur nos côtes le thon rouge  4 mois par an. De l’autre côté une espèce : le thon rouge qui vient se reproduire en Méditerranée, défendu par les ONGs et les scientifiques.

Thonier_senneur

Cette pêche est principalement destinée à l’exportation vers le Japon, leur stock de thon rouge du Sud s’étant effondré dans les années 80.

Le problème, c’est que les bateaux suréquipés des pêcheurs (utilisant jusqu'à des avions pour repérer les bancs) ainsi que la pêche intensive ont menacé l’espèce de thon rouge de l'Atlantique. 80% des ressources de Thon rouge de l’Atlantique aurait disparu. Les scientifiques, de l’ICCAT notamment, chargé de gérer le stock du thon rouge de l’Atlantique (celui qui vient se reproduire en Méditerrannée pour ceux qui ne suivent pas), recommandent d’arrêter la commercialisation pour sauver l’espèce et permettre la reconstitution du stock (dans lequel pourront puiser  modérément les futurs pêcheurs).

Carte_thon

Une solution pourtant évidente

Pour stopper cette pêche et ainsi sauver l'espèce, une solution : l’inscription de l’espèce à l’annexe 1 de la CITES (la convention de l’ONU sur le commerce international des espèces menacées d’extinction), lors de la réunion en mars 2010. L’Europe devra voter, oui ou non.

Premier problème, José Manuel Barroso aurait dû, il y a un mois déjà, faire connaître sa recommandation. Incapable d'arbitrer, il choisi de demander son avis à la France avant d'arrêter une position. Sa décision, prévue le 13 Janvier, a été reportée. Cela aurait pu être une bonne nouvelle, Sarko s’étant engagé au Havre le 16 juillet dernier : il avait alors insisté sur la nécessité de mieux «protéger les ressources naturelles de la mer pour mieux les exploiter de manière durable », assurant que la France respecterait les «avis scientifiques » et soutiendrait « l’inscription du thon rouge à l’annexe de la convention internationale sur les espèces sauvages, pour en interdire le commerce ».

Le 11 Janvier dernier, pour donner son avis à la commission Européenne,  François Fillon devait décider lors d’une réunion interministérielle (Agriculture, Ecologie, Finances) sur l'avenir du thon rouge. A la fin de la réunion, la décision tombe : Matignon ne prendra pas de décision, ils s'en remettent à Sarkozy, qui devra trancher.

Alors qu’a décidé notre cher président ?  Et bien, Paris soutiendra l’inscription à l’annexe 1 mais avec une clause permettant à la pêche de continuer (18 mois pour le moment).  C’est drôle, non ? Et bien non. Finalement, nous n'avons qu'à couper le poisson en deux : la moitié pour le pêcheur, la moitié pour la mer.

Evidemment, c’est facile pour moi de critiquer derrière mon écran. Mais cette haute fonction, qui lui permet d'entrer dans l'Histoire (eux qui se battent tous pour la place) ce sont des responsabilités. Le thon rouge disparaît. Point. Trouvons des solutions pour reclasser les pêcheurs. Il faut accepter que nos sociétés sortent de ce modèle industriel intensif et destructeur.

De toute façon, d’après les scientifiques, à ce rythme, dans 40 ans le stock aura disparu (voir moins si les techniques s’améliorent encore) les pêcheurs devront tout de même trouver une autre activité ou une autre espèce à condamner.

Et si l'on informe la population que le thon rouge est un prédateur des méduses, qui envahissent nos plages les étés, ça ne pourrait pas lui éviter la peine capitale ? Bien que leur principal prédateur, la tortue-luth, est en voie de disparition aussi...

Sources :

Ifremer

Wikipedia

Le point

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