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Mes Réactions : Démocratie : des mots seulement ?

Louis14Nous ne pouvons le nier : nous traversons une grave crise politique nationale voir même internationale. Le peuple a perdu confiance en ses élus, ses "élites" et se désintéresse, désabusé, de la politique. Affaires, corruptions, mensonges, décalage de réalité, inefficacité, autant de raisons pour expliquer ce sentiment général de défiance, de mépris, envers ceux qui nous gouvernent. Pire, ce rejet alimente les extrêmes, qui surfent sur le ras-le-bol de l'alternance gauche/droite.

Un problème dès la racine ?

Commençons par nous poser une simple question : et si ce que nous appelons démocratie (notre république étant une démocratie) n'en n'était finalement pas une ?

Avant tout, que signifie Démocratie ? Etymologiquement, 'démos' signifie le peuple et 'kratie' le pouvoir/gouverner.

Mais alors quel pouvoir avons-nous, en tant que citoyen ? Simplement celui de voter pour un élu, un représentant, un président qui aura alors tous les pouvoirs ? Après ces élections, que nous reste-t-il ? L'élu décide de tout, sans nous demander notre avis. Eventuellement indirectement, par des sondages d'opinion. Mais il est finalement libre d'appliquer ou non son programme et de tenir ses promesses. De toute façon, il est là pour 5 ans et nous ne pouvons pas le défaire.

Une démocratie 'représentative' : la nuance.

Précisons un peu les termes. Nous choisissons des représentants qui auront les pouvoirs : nous sommes dans une démocratie représentative. C'est important comme nuance. C'est même quasiment un contre-sens, non ? Le pouvoir au peuple ? Non, le pouvoir aux représentants du peuple.

Cela pourrait aller si ces représentants venaient du peuple, des classes moyenne et populaire, qui représentent la majorité des habitants de France. Mais non, qui peut croire que nos élites, nos représentants, viennent du peuple ? Quel pourcentage parmis les parlementaires, les ministres ? 
Donnons un seul chiffre : la part des députés ouvriers et employés dans l'assemblée nationale est à peine de 2% en 2012 (source http://www.inegalites.fr/spip.php?article166).
Je n'ai pas trouvé de données à ce sujet sur les sénateurs mais leur âge moyen en 2012 : 65 ans ! 25% de femmes... Et puis, bien évidemment, je laisse à chacun le soin de trouver les données sur les origines sociales des élites dans les grandes écoles, l'ENA...

Donc finalement, nous choisissons parmi une liste de personnes que nous ne connaissons pas vraiment pour en élire le meilleur. Une aristocratie, donc ?  Mais cette liste est truquée. Qui peut croire que François Hollande était le meilleur d'entre nous ? Qui peut croire que Sarkozy était le plus intelligent ? Ce ne sont même pas les meilleurs. Pour le pouvoir au sommet (c'est un peu différent pour les députés), ils forment une oligarchie (pouvoir à une petite classe dominante) : dirigeants politiques, grands chefs d'entreprises, acteurs financiers, journalistes influents... Ils sont simplement hyper entraînés en communication pour l'affrontement dans l'arène des débats présidentiels. Les jugeons-nous sur un quelconque bilan ?

Une façon de mieux comprendre la situation pourrait être de regarder ailleurs. La république populaire de Chine, par exemple. Ah, là oui, c’est évident, ce n'est pas une démocratie. Le président chinois est désigné par le Parti Communiste. Il existe bien des élections en Chine, mais ce serait pour désigner un parlement de près de 3000 députés, qui ne se réunit qu'une seule fois dans l'année et n'a aucun pouvoir. Mais pourquoi ce système s’appelle-t-il République Populaire ? Et pourquoi cela ne dérange personne d’appeler un courant de dictature, une république ?
Une autre caricature : Poutine, au pouvoir depuis fin 1999. Elu, certes! mais quel choix ont les votants.
Allez, un dernier : Bush. Qui peut croire que c'est ce que l'Amérique avait de mieux ? 2 fois au pouvoir. 

Athène

Démocratie ?

France

Pour revenir à notre démocratie, quelques exemples. Le plus parlant est celui pour la constitution Européenne. Nous, peuple souverain, avons voté contre le traité proposé en 2005. En 2007, une version du traité (Lisbonne) est signée sans référendum. François Hollande a bien précisé que, si les socialistes aavaient été au pouvoir, ils auraient demandé un référendum ! Mais en attendant, ces mêmes socialistes ont voté pour le traité alors qu’ils auraient pu voter contre et demander à nouveau l’avis du peuple. Serions-nous trop bêtes pour choisir? Je ne le crois pas.

Comme autre symbole de non démocratie, il y a le choix en 2014 de Ségolène Royal de supprimer l'utilisation des portiques eco-taxe, juste après leur mise en place. Par delà le gâchis d'argent, de quel droit s'est-elle permise de décider de leur annulation ?

Mali

Un bel exemple de démocratie a été donné au Mali en 2006 au sujet des OGM. Un processus de délibération citoyen a permis à un échantillon de la population, hommes femmes, producteurs (petits, moyens ou gros) ou non, de bien comprendre les avantages et les inconvénients des OGM, en faisant venir et revenir des experts sur le sujet. Ces experts, longuement choisis pour être représentatifs du pour et du contre étaient des chercheurs, employés de firmes et des paysans témoins de tous pays du monde. Les médias diffusaient en direct le contenu des débats. Les témoins étrangers invités pour l'occasion ont reconnus que l'engouement a été considérable et parlent de la qualité des débats et des réflexions.

C'est le seul moyen de ré-impliquer les gens dans la politique : en les faisant participer. On peut imaginer, comme pour les jurés d'assise, des tirages au sort pour ce type de délibération.

Suisse

La suisse est bien plus avancée que nous sur la question des référendums, avec des votations plusieurs fois par an : 68% des Suisses ont ainsi voté pour l'interdiction des parachutes dorés à la suite d'une initiative populaire lancée par un député de droite.Fourmi C'est en 2008 que Thomas Minder avait lancé cette initiative populaire en recueillant 118.000 signatures. Un nombre suffisant pour provoquer un scrutin conformément à la loi suisse, et qui aura valeur constitutionnelle. Il aura toutefois fallu cinq ans pour que le référendum soit organisé, reporté par des tentatives de blocage par le parlement.

Les élections présidentielles : une mascarade.

Il ne faut pas voter, car finalement, le vote consacre ces élites. Il leur donne toute leur légitimité. Pourquoi le vote blanc voir l'absention ne sont pas pris en compte ? Sur quel pourcentage sont réellement élus nos hommes politiques ? Il suffirait d'une seule personne pour élire notre président, il serait élu à l'unanimité ! Il faudrait un quorum.

Par ce vote, nous nous donnons bonne conscience en y placant là toute notre citoyenneté. Nous ne devons pas nous contenter de ce droit qu'on nous a accordé après les tumultes de la révolution Française. Nous devons insvestir le champ politique. Il ne suffit plus de poser le bulletin puis de rentrer chez nous et de pester contre toutes ces affaires. Nous devons agir et mettre les mains dans le cambouis. Je ne peux croire que des gens comme Ségolène Royal soient plus capable de diriger toutes les décisions aussi importantes que l'environnement que beaucoup d'entre nous. Pourquoi elle ? Qu'elle est sa légitimité ? Qui la voulait ? Qu'en pense le peuple ?

Pourquoi n'y a-t il pas de référendum d'initiative populaire ? Ce serait pourtant la première étape vers la démocratie. La réponse est toute simple : les dirigeants ont peur de perdre leur pouvoir. Ce serait ouvrir la boîte de Pandore. Alors ils nous font croire que nous avons un référendum. Mais c'est un vrai mensonge. Il est à l'initiative... du président de la république, sur proposition du gouvernement, ou du parlement. Ah pardon, depuis 2008, il y a le référendum d'initiative partagée. Vous en avez entendu parlé ? Il a servi à quelque chose ? Non, évidemment, il n'est pas fait pour cela.

N'ayons pas peur de décider, de proposer, de prendre en main notre destin. Je pense que le bon sens est quelque chose de partagé. A nous de défendre les intérêts de la majorité. Et puis, je ne pense pas que l'on puisse faire pire que ce qui se passe depuis des décennies.

Assemblée

Le pouvoir corromp.

Je ne vais pas caricaturer : même si ce ne sont pas des saints, les dirigeants ne sont pas des idiots. A leur place, ne soyons pas dupe, les mêmes causes produiraient les mêmes effets.

« C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser (...) Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » Montesquieu.

Après tout, ceux qui ont le pouvoir ne se dérangent pas pour servir leurs propres intérêts. Des exemples ? Saviez-vous que les députés et sénateurs ont droits à des prêts immobiliers à taux réduits (j'ai lu 0%) ? Pourquoi ont-ils droit de voyageEpeirer gratuitement ? Pourquoi peuvent-ils se faire rembourser jusqu'à 5000€ de matériel informatique tous les 3 ans ? Après un mandat de sénateur (6 ans), c'est une pension mensuelle de 2050€ de retraite à 62 ans. Qui dit mieux ? Par ailleurs, j'ai toujours du mal à bien comprendre la légitimité de l'immunité parlementaire. C'est vous qui l'avez décidé ? Ou encore, le droit d'employer un membre de sa famille, payé à 3774€ mensuels, c'est pratique ça. Le droit d'acheter leur locaux de permanence avec leurs indemnités de représentation de 6037,23€ par mois ? Mais c'est possible ! Bien évidemment, ils peuvent la conserver après leur mandat. Qui a décidé tout ça ? Si nous voulons modifier ces privilèges, qui le peut ? Vous, moi ? Non eux et eux seuls.

Donc il faut changer les règles. Ces règles sont écrites dans la constitution. Et là évidemment, je ne peux cacher l'influence d'Etienne Chouard sur ma réflexion.

La constitution

Commençons par la définition de wikipedia :

"La Constitution est un texte qui fixe l'organisation et le fonctionnement d'un organisme, généralement d'un État ou d'un ensemble d'États.

La valeur de la Constitution d'un État varie selon le régime en place, elle a généralement une valeur supérieure à la . Elle est à la fois l'acte politique et la loi fondamentale qui unit et régit de manière organisée et hiérarchisée l’ensemble des rapports entre gouvernants et gouvernés au sein de cet État, en tant qu'unité d'espace géographique et humain. La Constitution protège les droits et les libertés des citoyens contre les abus de pouvoir potentiels des titulaires des pouvoirs (exécutif, législatif, et judiciaire)."

Il s'agit donc de la règle initiale qui organise notre société. C'est elle qui définit le cadre dans lequel évoluent nos hommes politiques. Et par qui est-elle écrite ? Et bien par ceux qui ont le plus à craindre de ses règles : par les politiques eux-mêmes !

Ateliers constituants

C'est là où Etienne Chouard place la base de sa solution : il organise et invite à organiser des ateliers constituants où les gens se réunissent pour s'entraîner à écrire des bouts de constitution. Car en cas de révolution, après avoir chassé ceux en place, le peuple risque de se faire confisquer une nouvelle fois le pouvoir par une nouvelle classe, comme cela à pu déjà se passer après la révolution Française, dès la chute de Robespierre. Brain

C'est pour moi la solution la plus évidente : internet doit être l'outil de propagation de cette idée. Des ateliers constituants doivent se mettre en place régulièrement et partout en France. Ensuite, la pression doit être faite sur les dirigeants pour organiser un chantier de nouvelle constitution qui impliquerait tous les français (Européens ?) volontaires. C'est un processus qui prendra le temps qu'il faudra mais je suis certain que les mêmes idées émergeront partout. Il restera à voter pour les meilleures. Je suis convaincu que le référendum sera ainsi intégré à la nouvelle constitution...

Cette solution consiste finalement à responsabiliser le peuple en lui donnant enfin le pouvoir d'être maître de son destin.

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